J. Edgar Hoover FBI building, le siège du Bureau depuis 1975.
Le Bureau fédéral d'investigation ou FBI (prononcé à l'anglaise /„f.bi-.a“/), acronyme de Federal Bureau of Investigation, est aux États-Unis le principal service fédéral de police judiciaire et un service de renseignement intérieur. Actuellement, la juridiction du FBI recouvre plus de 200 catégories de crimes fédéraux, faisant du FBI l'organisme d'enquête majeur du gouvernement américain. Ses attributions incluent l'anti-terrorisme, le contre-espionnage, le crime informatique et la médecine légale.
Établi en 1908, comme « Bureau d'investigation » (Bureau of Investigation ou BOI), ce service fut baptisé FBI en 1935. Son siège est situé à Washington, et ses bureaux sont disséminés dans plus de 400 villes américaines, et 50 ambassades dans le monde.
Avis de recherche du FBI.
Présentation
Le FBI est sous la tutelle du Département de la Justice des États-Unis qui lui accorde son budget et définit ses priorités.
Les compétences du FBI portent notamment sur:
Sa devise officielle est Fidelity, Bravery, Integrity.
En 1996, il comptait environ 10 000 agents et 13 000 employés, ainsi que 500 bureaux, dont 23 à l'étranger [réf. nécessaire]. En 2005, il comptait 12 156 agents et 16 000 autres employés, dont de nombreux ingénieurs, médecins légistes, informaticiens et avocats [réf. nécessaire]. Seuls 15 agents, en 2005, étaient affectés à la surveillance des fraudes sur les hypothèques (l'une des causes de la crise des subprimes) [1]. Elle dispose aujourd'hui, concernant la délinquance en col blanc, de centaines d'agents de moins que pendant la crise des Savings & Loans des années 1980-1990 [1]. Du coup, l'agence se fait parfois assister, concernant ces crimes, par des entreprises de sécurité privées (dont Kroll [1]).
Durant l'année fiscale 2006, son budget total était d'environ 8,7 milliards de dollars américains [réf. nécessaire].
Historique
Poste de commandement mobile du FBI
En 1908, le « Bureau of Investigation » (BOI) fut créé par Charles Joseph Bonaparte-Patterson, alors Secrétaire de la Justice sous la présidence de Theodore Roosevelt, pour lutter contre le crime organisé à partir d'un groupe d'agents du United States Secret Service. Il s'agissait de lutter en particulier contre les « voleurs de terres » qui, dans l-Ouest américain, s-étaient approprié, avec la complicité de membres du Congrès et de fonctionnaires, des dizaines de milliers d-hectares appartenant à l-État. Son siège est alors installé dans l'immeuble du Département de la Justice des États-Unis.
Durant l'entre-deux-guerres, ses pouvoirs s'étendent suite aux difficultés des forces de police locale à faire respecter la loi. Les règlements de compte brutaux à Chicago sont monnaie courante ainsi que le trafic d'alcool (la prohibition est alors en vigueur). Il fut renommé « Federal Bureau of Investigation » en 1935. Le service se fit alors rapidement connaître grâce à une excellente politique de relations publiques.
Sous la direction de J. Edgar Hoover, nommé le 10 mai 1924 et demeuré en poste jusqu-à sa mort en 1972, le FBI s'intéressa particulièrement aux activistes politiques non accusés de crimes. Il fallut que Franklin Delano Roosevelt intervienne pour mettre un terme (temporaire) à ces enquêtes. [2].
Ce fut jusqu-à la création de l'OSS le seul grand service américain qui faisait du renseignement humain à l'étranger essentiellement grâce à ces bureaux en Amérique Latine. Avec la création de la CIA, cette fonction lui a été retirée.
Dans le domaine du contre-espionnage, il fut très efficace [réf. nécessaire] contre les agents de l'Allemagne nazie, puis, durant la guerre froide, la cible prioritaire officielle fut les réseaux du bloc de l'Est. L'arrestation de l'espion Rudolph Abel en 1957 fut l'un de ses succès.
En fait, l'agence ciblait aussi tous les mouvements « dissidents » des États-Unis, du Ku Klux Klan au Parti communiste des Etats-Unis et aux divers groupes du mouvement des droits civiques. Ainsi, lors de l'opération secrète de renseignement COINTELPRO, programme en -uvre de 1956 à 1971, le FBI surveillait, avec l'aide de la National Security Agency (NSA), beaucoup de mouvements d'opposition. Révélé par la Commission citoyenne d'enquête sur le FBI, un groupe de gauche qui avait cambriolé des bâtiments du FBI pour récupérer des dossiers classifiés, le programme COINTELPRO a été sévèrement critiqué par la Commission Church de 1975.
En 1975, après la mort de mort de Hoover, le FBI s'installa dans son nouveau quartier général, baptisé J. Edgar Hoover FBI Building en la mémoire de son inamovible directeur.
Depuis 1994, en cas de bavure policière aux États-Unis, le FBI peut être chargé de l'enquête [réf. nécessaire].
Suite au 11 septembre 2001, un tiers des agents du FBI (soit plus de 1 800 personnes) ont été ré-affectées au renseignement et au contre-terrorisme [1]. Du coup, l'agence manque de personnel pour la lutte contre la délinquance en col blanc, ayant du mal à assurer les enquêtes dans les milieux financiers suite à la crise des subprimes et à la crise financière de 2008[1]. Le FBI est en charge notamment des enquêtes concernant Fannie Mae, Freddie Mac, l'American International Group et la banque en faillite Lehman Brothers [1].
Formation des agents
À titre d'exemple, au début de l'année 2005, le « Bureau » a reçu environ 115 000 candidatures pour n'en retenir que 2 900 [réf. nécessaire].
Les postulants au poste d'agents sont formés dans la FBI Academy sur le campus de Quantico, qu'elle partage avec la FBI National Academy, qui s'occupe des cours de perfectionnement pour des policiers américains et étrangers chevronnés.
Pour être admis au FBI, il faut un diplôme universitaire et être âgé de 23 à 37 ans, la moyenne d'âge est de 30 ans, car l'on exige des recrues qu'elles aient acquis des expériences professionnelles.
Environ un tiers des nouveaux agents viennent des forces armées [réf. nécessaire], mais les candidats proviennent désormais de toutes les couches sociales et groupes ethniques du pays après avoir eu, jusqu'aux années 1960, la réputation d'être réservé à la majorité WASP (White Anglo-Saxon Protestant).
Ils arrivent à Quantico par groupes de cinquante et s'entraînent pendant dix-sept semaines aux techniques de filature, au tir (120 heures) et à l'utilisation des sciences pour le recueil d'indices. Ce premier entraînement est suivi de deux années de formation sur le terrain.
Anecdotes
En 2003, quelques 1 200 agents ont été formés, ce qui est un record dans l'histoire du FBI.
Les salaires démarrent à 55 000 dollars américains par an pour un agent débutant.
Les agents fédéraux sont souvent surnommés G-men (Government men).
Le sceau du FBI a été créé par Leo Joseph Gauthier et fut utilisé pour la première fois en 1941 [3].
Liste des directeurs
Bureau of Investigation (BOI) (1908-1935)
Federal Bureau of Investigation (FBI) (1936-présent)
Notes
- - a- b- c- d- e- f- Erich Lichtblau, David Johnston et Ron Nixon, F.B.I. Struggles to Handle Financial Fraud Cases, New York Times, 18 octobre 2008.
- - Parmi les écrivains espionnés on dénombre Pearl Buck, Truman Capote, John Dos Passos, Theodore Dreiser, William Faulkner, Ernest Hemingway, John Steinbeck, Thornton Wilder, Sinclair Lewis, Romain Gary, Tennessee Williams et bien d'autres. Voir «Quand le FBI espionnait les écrivains américains», Le Monde, 20 novembre 1987.
- - (fr) Biographie de Leo Joseph Gauthier
Voir aussi
Bibliographie
- Jacques Berlioz-Curlet, FBI : Histoire d'un empire, Éditions Complexe, 2005 (ISBN 2804800555)
- John Douglas, Agent spécial du FBI : J'ai traqué des serial killers, Éditions du Rocher, 1997 (ISBN 2268027201)
- Robins-N, Le FBI et les écrivains, Éditions Albin Michel, 1997 (ISBN 2226086137)
- Marc Dugain, La malédiction d'Edgar, Folio (ISBN 978-2-07-033967-9)
- Robert K. Ressler, Tom Shachtmann, Chasseurs de tueurs, Presses de la Cité, 1993 (ISBN 2724275438)
Articles connexes
Liens externes
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