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The Rolling Stones est un groupe de rock 'n' roll britannique créé dans les années 1960 par Brian Jones. Le nom du groupe vient d'une chanson de Muddy Waters, Rollin stone. Le blues a toujours été la source d'inspiration principale des Stones, qui ont été l'un des principaux acteurs du retour de cette musique sur le devant de la scène, à travers le British Blues Boom.
Membres du groupe
Le nom original du groupe était « The Rollin- Stones »[1],[2]. Le groupe originel était formé de :
Ian Stewart sera écarté par leur premier manager Andrew Loog Oldham avant même leur premier single. Il restera néanmoins le pianiste - non exclusif - sur les disques, et sera jusqu'à sa mort le « road manager » du groupe et le « sixième Stone ».
Histoire du groupe
Création et débuts
En octobre 1960, Mick Jagger et Keith Richards, deux amis d'enfance - ils ont fréquenté la même école depuis leur maternelle -, qui s'étaient un peu perdus de vue, se retrouvent sur le quai de la gare de Dartford. Mick a des disques avec lui, dont le Best of Muddy Waters, ce qui incite Keith à venir lui parler. Mick invitera Keith à le rejoindre dans son groupe tout juste naissant, Little Boy Blue & The Blues Boys. Keith viendra avec son ami Dick Taylor, qui créera en 1963 les Pretty Things. Brian Jones, grand amateur de blues, joue déjà avec le pianiste Ian Stewart. Tous deux fréquentent assidûment le Ealing Club, un club de jazz de la banlieue ouest de Londres, dans lequel Mick Jagger, en plus de son petit groupe, y chante aussi dans les Blues Incorporated d'Alexis Korner, qui ont pour batteur un certain Charlie Watts. Brian Jones sera l'artisan de leur rencontre ; le blues et le r'n'b en seront les fondations.
Après un hiver difficile pour Mick, Keith et Brian, passé en colocation avec un certain James Phelge[3] au désormais célèbre 102, Edith Grove à Londres, avec comme ultimes ressources les maigres cachets de quelques petits concerts[4], les Stones sont enfin prêts à devenir pro. C'est à cette periode que Philip Townsend fait les photos dont les clichés circuleront à travers les plus grandes galeries du monde comme les premières photos des Stones.
Le premier concert des Stones se passe au Marquee à Londres, le 12 juillet 1962. Le groupe est alors composé de Brian, Mick, Keith, Ian Stewart au piano, Dick Taylor à la basse et Mike Ivory à la batterie. Taylor partira ensuite former les Pretty Things. Le poste de batteur est toujours aléatoire, oscillant entre Tony Chapman et Mick Ivory. Les Stones cherchent un bassiste. En décembre 1962, Tony Chapman leur présente Bill Wyman, au Red Lion Club[5] qui leur plaît immédiatement, peut être grâce à ses amplis, denrée rare à l'époque, mais aussi grâce à ses capacités : il est plus âgé de 7 ans que Mick et Keith, et joue déjà depuis de nombreuses années dans son groupe les Cliftons, avec Tony Chapman, tout en étant amateur. Les batteurs des Stones étant trop instables, Charlie Watts, qui connaissait bien Mick pour avoir joué avec lui, se joindra à eux définitivement en janvier 1963, laissant sa place au sein des Blues Incorporated à Ginger Baker. En mars de la même année, ils enregistrent à l'IBC Studio de Portland Place, à Londres, une démo, avec comme ingénieur du son le futur mythique Glyn Johns, composée de reprises de r'n'b[6]. La première photographie du groupe en concert, prise par Dezo Hoffmann, date du 4 mai 1963 : Mick, Charlie, Brian, Bill et Keith (seuls visibles) participent à un gala de bienfaisance organisé par le journal News of the World à Battersea[7]. Les Stones joueront régulièrement au Ealing Club, puis au Crawdaddy, club que vient d'ouvrir Giorgio Gomelsky. De quelques dizaines de spectateurs, l'audience passe rapidement à plusieurs centaines, dépassant les capacités de la salle.
Andrew Loog Oldham, jeune publicitaire de 19 ans, qui a déjà travaillé avec Brian Epstein, Bob Dylan et Little Richard, associé au manager Eric Easton, ne rêve que de rencontrer et manager « ses » Beatles, qui viennent de sortir Love me do. Dans son parcours des clubs de Londres, il entre un jour au Crawdaddy[8], et voit les Stones. C'est la révélation, il sera leur manager : il signe avec eux un contrat de management dès le lendemain, le 29 avril 1963[9].
Avec leur nouveau manager, leur carrière décolle. En 1963, la maison de disque Decca Records et son Directeur artistique (A&R) Dick Row, célèbre pour avoir refusé les Beatles[10], leur fait enregistrer leur premier single[11], avec, sur la face A, une reprise de Chuck Berry, Come on[12], et, sur la face B, I want to be loved de Willie Dixon. Ce premier disque leur permet d'entrer discrètement dans les charts britanniques, et de se faire remarquer par la presse. Un deuxième single sort avec, en face A, un titre composé par John Lennon et Paul McCartney, I Wanna Be Your Man [13], et en face B un instrumental : Stoned[14].
Ils font leur première apparition TV dans l'émission Thank your lucky star de Pete Murray. Leur look, pourtant si conventionnel de nos jours, paraît outrancier. Leurs cheveux longs[15] font scandale ; ce look original et leur attitude parfois méprisante donneront des idées à Andrew Loog Oldham.
Afin de se démarquer des Beatles apparus un peu plus tôt et dont la popularité est exceptionnelle, le jeune manager des Stones leur crée une image de « mauvais garçons ». En opposition aux allures de « gentils gendres » des Fab Four, Jagger et sa bande cultivent leur différence, refusant très rapidement le costume-cravate[16], insistant sur leur chevelure, et défraient la chronique par leurs frasques[17].
C'est à cette époque que Brian Jones commence à manquer quelques concerts pour des raisons de santé, et à se perdre dans ses conquêtes féminines et leur conséquences[18] ; il a déjà deux enfants[19]...
Leur carrière prend enfin un tournant définitif. Les concerts deviennent quotidiens, Bill Wyman [réf. nécessaire] et Charlie Watts quittent leur emploi pour intégrer les Stones à plein temps, Mick Jagger laisse tomber ses études, l'appartement à Edith Grove abandonné, Keith, Mick et Andrew habitent ensemble dans un nouveau logement. Ce dernier fait sera le point de départ d'une nouvelle collaboration : Andrew obligera Mick et Keith à travailler ensemble, à l'image de McCartney et Lennon, à l'écriture d'un titre pour les Stones : ceux-ci lui soumettront As time go by que le manager renomme immédiatement As tears go by et qui est un succès.
L'envol de 1965
Cependant l'opposition de style entre les deux groupes est le résultat d'un marketing de différenciation alors que leur parcours musical est parallèle : influences communes du rock'n'roll et du r'n'b ; Mick Jagger et Keith Richards décollent enfin comme compositeurs, tout d'abord avec The Last Time, puis (I Can't Get No) Satisfaction, suivis par As Tears Goes By, Get Off Of My Cloud & 19th Nervous Breakdown. Les Rolling Stones introduisent à partir de leur 1er chef-d'-uvre Aftermath (en particulier sous l'impulsion de Brian Jones) des influences psychédéliques et la musique indienne (on peut notamment rappeler le sitar de Paint It, Black, la dulcimer sur Lady Jane ou les marimbas de Under My Thumb). L'album Between the Buttons continue sur la même lancée avec la flûte mélodieuse de Brian sur Ruby Tuesday mais contient aussi des morceaux de rock comme Let's spend the night together et Connection et des influences "music-hall".
1966 sera l'année des dernières tournées avant un grand break : ils avaient tourné de façon ininterrompue depuis leurs débuts, donnant entre 250 et 300 concerts par an. Après leur 5e tournées US et la 8e UK, toutes 2 en 66, les Stones s'accordent du repos. Mick Jagger tournera un film[20], Bill Wyman fera de la production, Brian Jones composera une BO de film.
L'album Satanic Majesties Request sort en décembre 1967 et porte largement la « patte » expérimentale de Brian Jones. Il n'aura sur le moment qu'un succès mitigé, déconcertant par son côté « planant » quelques fans du blues pur et dur; deux titres toutefois émergent : She's Like A Rainbow et 2000 Light Years From Home. La couverture de l'album innove en présentant une photo du groupe en relief sur film gaufré. La photographie fait un peu ciller, et pour cause : l'-il gauche du spectateur y voit Brian Jones de face tandis que le droit le voit de profil. Cette expérience ne sera pas reprise sur les rééditions vinyle, ni CD, de l'album. Interrogé sur celui-ci, John Lennon commente ironiquement : Les Stones font tout six mois après nous (Sgt Pepper était sorti en juin). C'est une pique amicale et non une déclaration de guerre : John Lennon et Mick Jagger ont déjà, et conserveront, les meilleures relations qui soient[21] dans le civil.
1967 voit la première arrestation de Mick Jagger et de Keith Richards pour possession de drogues. Vite relaxés, ils ne feront pas de prison, sinon les quelques jours d'attente de leur comparution. Le quotidien The Times viendra d'ailleurs à leur secours avec un superbe éditorial en leur faveur[22], prémisse du changement de société en cours.
1968 marque leur grand retour et le début de la fin pour Brian Jones qui s'enfonce de plus en plus dans des addictions dangereuses et la paranoïa, après l'échec commercial de Satanic, les Rolling Stones reviennent aux racines du blues et du rock, d'abord avec le single Jumpin' Jack Flash, puis avec l'album Beggars Banquet. L'album, dont toute la prise de son possède une qualité technique (Parachute woman, No expectations, Salt of the Earth...) supérieure encore à celle du Going Home d'Aftermath et dont la pochette de lancement est extrêmement classieuse (elle sera changée plus tard en quelque chose de plus trash), remet les Rolling Stones en selle avec des morceaux comme Sympathy For The Devil et Street Fightin' Man qui vont asseoir leur réputation du groupe le plus violent de l'histoire du rock et de « greatest band of rock & roll in the world ».
Le guitariste Keith Richards lors d'un concert du groupe à Hanovre (Allemagne) en 2006. On peut apercevoir au deuxième plan, de dos, Darryl Jones (à gauche) et Mick Jagger (à droite)
Le tournant de 1969
L'exclusion de Brian Jones et la (re)découverte de l'accord ouvert
Brian Jones, bien que leader dès l'origine, est exclu du groupe en 1969. Comme le montre une des séquences du documentaire de Jean-Luc Godard réalisé en 1968, Sympathy for the Devil, il a du mal à se concentrer et à jouer en studio, les techniciens du son allant jusqu'à le laisser interpréter un morceau tout en lui coupant son micro de manière à ne pas enregistrer sur la piste de fausses notes. Plus grave pour l'image du groupe, les quelques photos de l'époque, peu diffusées sans doute pour cette raison, montrent qu'il avait très sérieusement pris du poids. De plus, ses problèmes de drogues ne lui permettaient plus de suivre le groupe en tournée, et son soudain surpoids dont témoignent encore quelques photos de l'époque ne le faisait plus correspondre à l'image sexy des Stones. Il meurt le 3 juillet 1969, noyé dans sa piscine. Brian Jones participa encore un peu à l'album Let It Bleed, aussi « violent » que l'album précédent avec des titres tels que Gimme Shelter, You Can't Always Get What You Want et surtout Midnight Rambler (qui évoque Albert DeSalvo, l'étrangleur de Boston), qui deviendra un classique sur scène.
Dès 1968, Keith Richards découvre une façon de s'accorder (l'open tuning) qui marquera le nouveau son des Rolling Stones. En effet, cet accordage qui est utilisé par les bluesmen permet aux Stones de changer leur façon de composer. Certains pourront regretter que celui-ci appauvrisse l'aspect mélodique de leurs chansons, d'autres salueront les innombrables chansons qui seront le fruit de l'open tuning (Jumpin' Jack Flash, Street Fighting Man, You Can't Always Get What You Want, Honky Tonk Woman, Gimme Shelter, Happy, Start Me Up pour n'en citer que quelques unes)
Le retour à la scène
Le « grand retour » à la scène date de juillet 1969, lors du concert gratuit à Hyde Park, devant près de 500 000 personnes, le premier depuis deux ans et demi, pour l'intronisation du nouveau guitariste Mick Taylor, qui vient de chez John Mayall[23], et, fait non prévu, pour rendre un hommage à Brian Jones, décédé 2 jours plus tôt. Mick Jagger lira à cette occasion un poème de Percy Bysshe Shelley, Adonais. Mick Taylor contribuera à renforcer les racines blues des Rolling Stones et sa participation aux albums Exile on Main Street et Sticky Fingers marquera le retour à des compositions et des productions plus épurées.
Altamont
À l'issue de leur tournée américaine de 1969 qui marque leur grand retour aux États-Unis, ils décident de donner un concert gratuit à San Francisco ou la sécurité sera assuré par les Hells Angels, comme à Hyde Park. Le concert aura lieu à Altamont (Californie), mais l'aura sauvage des Stones et la mauvaise organisation du concert se soldera par le meurtre d'un spectateur noir, Meredith Hunter, par des Hells Angels, somme toute assez différents de ceux du Royaume-Uni. Ce festival marquera la fin de l'utopie hippie (voir le film Gimme Shelter). La tournée américaine de 1969 sera néanmoins immortalisée par l'album en public Get yer ya ya's out, où les riffs de Keith Richards et les solos de Mick Taylor sont d'une efficacité redoutable.
L'apogée
En 1971, les Rolling Stones sortent l'album Sticky Fingers avec la célèbre pochette fermeture-éclair, dessinée par Andy Warhol. Les références au sexe et à la drogue sont explicites, les compositions sont excellentes (Brown sugar, Wild horses, Bitch, Sister Morphine, Dead Flowers ). L'arrivée de Mick Taylor donne un nouveau souffle au groupe qui entame la même année une tournée d'adieu au Royaume-Uni. C'est en effet en exil fiscal sur la Côte d'Azur que le groupe enregistre et sort en 1972 son premier double album Exile on Main Street, que suivra une tournée triomphale en Amérique du Nord (STP : Stones Touring Party). Les Rolling Stones sont alors à leur zénith. L'album est excellent même s'il ne contient pas vraiment de hit majeur, sauf Tumbling Dice et Happy chanté par Keith Richards lui-même. La chanson Sweet Black Angel, est un hommage à Angela Davis, et le blues y est omniprésent. L'album est descendu par la critique à l'époque, pour être encensé par cette même critique 20 ans plus tard, le classifiant parmi les cinq meilleurs albums de tous les temps (Rolling Stone Magazine). Le film Cocksucker Blues tourné par Robert Frank pendant la tournée nord américaine ne sortira pas, car il présentait une vision trop crue du groupe (drogues, groupies, destruction de chambres d'hôtel, scènes d'orgies dans un avion). En 1973, l'inspiration du groupe commence à fléchir, à cause de l'addiction de plus en plus préoccupante à l'héroïne de Keith Richards. Ces problèmes de stupéfiants ayant marqué les autorités françaises, le guitariste est déclaré persona non grata dans l'Hexagone, y privant le groupe de tout concert pendant plusieurs années. L'album qui sort la même année, Goat's Head Soup est nettement inférieur aux précédents. Malgré tout il devient un succès commercial grâce à la chanson Angie. La tournée européenne qui promeut l'album reste l'une des meilleures de leur carrière. Afin de satisfaire les spectateurs français malgré leurs démêlés judiciaires, les Rolling Stones et la radio RTL affrètent un train spécial à destination d'un concert exceptionnel donné à Bruxelles : le bootleg Brussels Affairs reflète le son excellent de cette tournée, les Stones sont au zénith de leurs prestations scéniques, les prestations de Mick Taylor sont absolument fantastiques.
La période sombre
Départ de Mick Taylor - Arrivée de Ron Wood
En 1974 sort l'album It's Only Rock'n Roll qui est le premier album produit sous le vocable de "Glimmer Twins", surnom du duo Jagger - Richards. L'album ouvre sur le titre If You Can't Rock Me avec Keith Richards à la basse, suivi de Ain't Too Proud To Beg, reprise des Temptations. On notera le morceau Time Waits For No One, avec un solo de Mick Taylor très inspiré et surtout le morceau soul Fingerprint File qui fait référence aux exactions du FBI et des dictatures sud américaines. Mick Taylor quittera, à la grande surprise de tous, les Stones après l'album It's Only Rock'n'Roll[24] en 1974. Il sera remplacé par Ron Wood, issu des Faces et ayant travaillé avec Rod Stewart et Jeff Beck (en tant que bassiste). Bien que musicien moins accompli, il correspond mieux au reste du groupe par son look et son esprit (très « sex, drugs & rock'n'roll »). Plus de trente ans après son arrivée, il continue pourtant à être encore considéré comme « le petit nouveau ».
Le batteur Charlie Watts lors d'un concert du groupe à Hanovre en 2006
Années 1975-1985
Les années suivantes, jusqu'au milieu de l'année 1980, seront une période trouble. Keith Richards est dans ses addictions, la prison et les interdictions de séjours, la mort de proches[25], doutes musicaux, albums inégaux[26], arrivée du disco dans leur musique, fait qu'il y a des disputes entre Mick Jagger et Keith Richards. En 1981, les Stones réussissent quand même à sortir un album, Tatto You qui, sans être excellent, est intéressant; et celà, dans des conditions où Jagger et Richards s'évitent la plupart du temps, enregistrant les pistes à des moments différents. En ressort un titre avec un riff fantastique, Start me up; d'autres titres comme Little T&A, Tops et Waiting for a friend sont intéressants.
Séparation des Stones -
L'arrestation de Keith à Toronto en 1977, qui risque sept ans de prison, met le groupe en péril et jette le doute sur la pérennité de la présence du guitariste au sein des Stones. Il est sauvé in extremis de la prison par une fan aveugle, Blind Angel comme la surnommé Keith, qui convainc le juge de donner comme sentence un concert des Stones pour amasser des fonds pour la cause des aveugles. Keith Richards reconnaîtra plus tard qu'elle lui a probablement sauvé la vie. Le sommet des troubles est atteint en 1986 avec l'album Dirty Work, sur lequel Bill Wyman et Charlie Watts jouent volontiers les absents[27]. Le titre de l'album est un clin d'-il aux fans, qui connaissent les difficultés du groupe. Cette période sera celle ou les Stones sont officieusement séparés; Jagger et Richards sortent tour à tour des albums solos qui obtiennent plus ou moins de succès. Ronnie Wood et Charlie Watts s'y mettent également et sortent des albums solos qui n'ont pas vraiment de succès.
L'éternel retour
Lors de l'intronisation du groupe au Rock & Roll Hall of Fame à Cleveland USA, les deux Glimmer s'évitent mais, finiront quand même par se parler (probablement au party de fin de soirée) et décideront de se revoir au cas ou la chimie fonctionnerait de nouveau. Ils synchronisent finalement leur horaire et mettre en marche l'album Steel Wheels; une forme de renaissance viendra avec cet album, qui verra les Stones, à nouveau soudés, retrouver l'inspiration et l'envie de jouer ensemble. Si les tournées se font dans des grands stades et deviennent un vrai business industriel[28], Keith insistera pour pouvoir toujours jouer dans des petites salles, plus ou moins officiellement, usant parfois de pseudonyme pour le groupe, afin de rester près des ses fans. À titre d'exemple, l'album Stripped est enregistré en partie à l'Olympia de Paris et en partie au Paradiso Club d'Amsterdam.
Visiblement lassé de ne pas être crédité pour ses contributions, et peut être aussi des tournées incessantes dans les stades ou bien aussi par son avance en âge sur les autres[29], Bill Wyman quitte le groupe le 6 janvier 1993 pour prendre sa retraite. Il forme les Rhythms Kings, groupe comprenant des requins de studios, tous de ses amis, comme Peter Frampton, Albert Lee ou Gary Brooker, et enregistre plusieurs albums aux consonances blues et jazz. Il aura la satisfaction d'être le membre des Stones à avoir vendu le plus d'albums en solo. Il est remplacé par Darryl Jones qui amène une basse encore plus pesante que Bill Wyman et qui sied très bien au son des Stones; Daryl Jones ne sera jamais considéré un vrai Stone et ne sera pas présent sur les photos publicitaire des Stones, même s'il est très apprécié des membres du groupe.
Un nouvel album en 1994, Voodoo Lounge, encore plus « roots » que Steel Wheels, donne l'impression une fois de plus que les Stones sont de retour. Nouvelle tournée mondiale, et nouveau succès.
Les Stones sortent un nouvel album en 1997, (Bridges to Babylon), marqué par la volonté de s'inscrire dans l'air du temps (production des Dust Brothers, basse de Me'Shell Ndegéocello, cosignature à l'amiable du premier single avec K.D. Lang) tout en gardant le son traditionnel. Cet album, plutôt moyen somme toute [réf. nécessaire], donne l'occasion d'une nouvelle tournée mondiale, qui durera de septembre 1997 à septembre 1998, pour reprendre de janvier à juin 1999. Le clip du titre vedette Anybody seen my baby est excellent et met en cause la très belle Angelina Jolie dans une tenue très très sexy.
Pour fêter leurs quarante années de carrière, les Rolling Stones repartent en tournée mondiale en 2002-2003. Cette tournée appelée Licks Tour voit les Stones au meilleur de leur forme depuis leurs plus grandes années de gloire ! [réf. nécessaire] Ils n'ont pas d'album à promouvoir cette fois, sinon une compilation qui comporte quatre titres inédits, Forty Licks (dont Losing my touch chanté par Keith et le single Don't Stop). Pour cette tournée ils répètent plus de quatre-vingt chansons tirées de l'ensemble de leur répertoire (notamment des chansons jamais jouées sur scène comme Can't you hear me knockin). Ils en profiteront aussi pour écumer un grand nombre de petites salles, dont de nouveau l'Olympia de Paris. La tournée, remarquée pour sa vigueur, le plaisir qu'ils ont à jouer ensemble, le son et l'énergie, sera l'occasion du premier DVD des Rolling Stones, Four Flicks, qui donne trois concerts (à New York au Madison Square Garden, à Paris à l'Olympia et à Twickenham) et plus de quarante chansons.
L'album A Bigger Bang apparaît à certains, à nouveau, comme une résurrection. Il est en effet enregistré dans le château français de Mick Jagger, avec de nombreux blues et des titres très « roots », et la « patte » de Keith Richards. Mais peinant quelque peu à se renouveler avec cet album de plus, ils ne font pas illusion auprès d'une partie de la critique et des fans.
Leur dernière tournée mondiale « A Bigger Bang » a commencé le 21 aout 2005 à Boston (USA). Après les étapes américaines (Nord et Sud), asiatiques et en Océanie, un accident très médiatisé de Keith Richards (tombé tête la première d'un cocotier) a contraint le groupe à différer l'ouverture de la tournée européenne, bouleversant nombre de dates et en annulant quelques-unes. En France, deux concerts initialement prévus au Stade de France, furent fondus en une seule soirée le 28 juillet 2006, l'une de leurs meilleures prestations dans l'Hexagone selon de nombreux avis. Les Rolling Stones seront également à Nice le 8 août 2006, renouant pour un soir au Palais Nikaïa (stade Charles Ehrmann) avec leur années « Riviera ». Se confirme aussi un retour de la tournée aux États-Unis, prévu dès septembre pour plusieurs mois.
Cette tournée « A Bigger Bang » est d'ores et déjà devenue la plus lucrative de l'histoire de la musique, avec depuis l'automne 2005 des recettes de 437 millions $US et une audience de 3,5 millions de personnes pour 110 spectacles. Le groupe a également attiré deux millions de personnes lors du concert gratuit de Rio de Janeiro, sur la plage de Copacabana, en février dernier.
Ainsi depuis la sortie de Voodoo Lounge en 1994, les Rolling Stones ont passé plus de sept ans sur scène, avec un évident plaisir qui, même s'il n'est pas dénué de man-uvres commerciales et de gains colossaux, démontre, s'il le fallait encore, que le groupe représente le seul témoignage de l'âge d'or du rock'n'roll, et la preuve que leur musique est intemporelle.
Les Stones sont considérés, avec les Beatles, les Who, Led Zeppelin et quelques autres, comme des inventeurs de la musique populaire moderne. Ils ont tenu à catégoriser dès les origines leur musique comme du Rhythm and Blues (d'après Ray Charles, c'était le nom donné autrefois au Rock and roll avant qu'il ne devienne à la mode), et se réclamèrent à plusieurs reprises de la filiation des grands bluesmen. Légendaires, ils continuent à attirer les foules, et apparaissent lors de grands événements, comme lors du Super Bowl[30].
Le nom du groupe vient, en effet, d'un titre de Muddy Waters, mais qui est Rolling Stone Blues et non Like a Rolling Stone de Bob Dylan repris par les Stones eux-mêmes pendant la tournée Voodoo Lounge de 1995 et Licks Tour.
En décembre 2008, la ville natale de Keith Richards et Mick Jagger, Dartford a décidé de nommer treize de ses rues au nom des chansons les plus célèbres du groupe. On peut ainsi se balader, notamment sur la Stones Avenue, la Ruby Tuesday Drive ou la Satisfaction Street[31],[32].
Clips
Un aspect important des Rolling Stones est la qualité de leurs clips vidéo. Truculents comme She Was Hot (« Elle était chaude »), touchants comme Harlem Shuffle, simples comme Waiting On a Friend, allusions aux exactions des escadrons de la mort en Amérique centrale comme Undercover, et recourant pour certains à des techniques comme l'image de synthèse, les manipulations vidéo, voire le « portamento visuel » (Like a rolling stone), ils constituent des -uvres à part entière.
Discographie
Comme pour la plupart des artistes de l'époque, la discographie des Rolling Stones est problématique. En effet, avant 1967, des albums différents sont parus d'une part au Royaume-Uni (et pour l'Europe) et d'autre part aux États-Unis. Ensuite, les toutes premières chansons du groupe furent éditées à une période où le format 33-tours n'était pas encore démocratisé, et beaucoup de faces B de 45-tours ne figurent toujours sur aucun album. En outre, leur discographie non-officielle, les Bootleg, sont, tout au moins dans les vingt premières années de carrière, aussi voire beaucoup plus nombreux que leurs disques officiels, les Rolling Stones étant sur le podium des groupes les plus piratés de l'époque, aux côtés de Led Zeppelin et d'Aerosmith.
Albums originaux
Curiosité : édition française (1964)
Éditions britanniques (avant 1967)
Éditions américaines (avant 1967)
Éditions internationales (depuis 1967)
Albums en concert
Compilations et albums de collection
Quelques bootlegs
Liste non exhaustive, car encore plus problématique à réaliser que pour les disques officiels ; les Bootleg des Stones se répartissant eux-mêmes en 3 sous-catégories : les pirates live, les pirates studios, et les interviews[33].
Vidéographie
Extraits d'interviews
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Pour améliorer cet article il convient, si ces faits présentent un intérêt, de les intégrer dans d'autres sections.
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1969
Q : Êtes-vous davantage satisfaits aujourd'hui après le succès de (I Can't Get No) Satisfaction -
- R: « Sexuellement satisfaits, financièrement pas satisfaits et philosophiquement à l'essai. » (Mick Jagger)
1987
Q : Vous devez avoir zoné partout en 25 années de travail avec les Stones -
- R: « Oui, zoné 20 et travaillé 5. » (Charlie Watts)
1996
Q : Daryll Jones (successeur de Bill Wyman à la basse) sera-t-il un jour considéré comme membre à part entière des Stones -
- R: « Oui, tous les gens qui jouent des chansons des Rolling Stones avec moi sont des Rolling Stones. » (Keith Richards)
- R: « Non, le groupe est trop vieux. » (Mick Jagger)
199-
Q : Quel est votre sentiment à propos de la décision de la reine d'Angleterre, concernant votre anoblissement - (Mick Jagger est devenu Lord.)
- R: « Je suis très content d'être récompensé pour 30 ans de mauvaise conduite. » (Mick Jagger)
- R: « Hé les gars, n'essayez pas de vieillir avec élégance, ça ne vous irait pas ! » (Pete Townshend durant un discours d'intronisation des Stones au « Rock 'n' Roll Hall of Fame ».)
Q : Vous savez pourquoi la célèbre marque de cigarettes américaines, avec un cow-boy sur le paquet rouge et blanc, a des bouts filtres blancs aux USA et jaunes en Europe -
- R: « C'est pour permettre à Keith Richards de savoir sur quel continent il se trouve, parce que sinon... » [réf. nécessaire]
Citations
- « Les Stones symbolisent la vitalité à l'état pur et c'est pourquoi ils sont toujours présents aujourd'hui », Martin Scorcese, 2008.
Bibliographie
Articles
- (Dossier, coordonné par Jean-Dominique Brierre en collaboration avec Jean-Marie Leduc), « The Rolling Stones », Paroles et Musique, p. 23-37 :
- Jean-Dominique Brierre, « Le style des Stones », p. 36, 37.
- Jean-Dominique Brierre, traductions-adaptations :
- Thierry Chatain, « L'histoire », p. 25-29 ;
- Jean-Marie Leduc, encadrés in Thierry Chatain :
- « Mick Jagger », p. 25 ;
- « Brian Jones », p. 28 ;
- « Keith Richards », p. 27 ;
- « Ian Stewart », p. 29 ;
- « Mick Taylor », p. 26 ;
- « Charlie Watts », p. 28 ;
- « Ron Wood », p. 26 ;
- « Bill Wyman », p. 27.
- Jean-Marie Leduc, « Interviews », p. 31-35 :
- « Mick Jagger : « C'est l'énergie qui nous a tenus... » », p. 31-33 ;
- « Keith Richards : « Oublions la moitié du groupe... » »,
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