Carte physique des Balkans
Carte ethnographique du début du XXe siècle :
en vert, les bulgarophones (Bulgares, Pomaques et Macédoniens),
en vert pâle, les Serbes
en bleu, les hellénophones (Grecs)
en bleu pâle, les albanophones (Albanais, Kosovars, arvanites)
en rouge, les turcophones (Turcs, Tatars)
en jaune, les roumanophones (Roumains)
en brun, les aroumanophones (« Valaques » aroumains et méglénoroumains)
Les Balkans sont une des trois péninsules d'Europe du Sud qui forme plus précisément l'Europe du Sud-Est. Elle est bordée par des mers sur trois côtés : l'Adriatique et l'Ionienne à l'ouest, la mer Égée au sud et la mer de Marmara et la mer Noire à l'est. Au nord, on la délimite généralement par les cours du Danube, de la Save et de la Krka. Cette région couvre une aire totale de 550 000 km² et regroupe une population de 53 millions d-habitants.
Ce nom est d'origine turque (balkan signifie « chaîne de rochers glissante »), et désigne à l'origine la chaîne de montagnes qui traverse la Bulgarie d'est en ouest, le Grand Balkan, auparavant appelée (Haemos, Haemus en grec et latin) et -- - (Stara Planina, "ancienne chaîne" en slavon).
À l'époque des combats pour la libération des divers peuples de la région contre les dominations impériales ottomane et autrichienne-hongroise, dans l-historiographie occidentale, une certaine condescendance a donné au terme « Balkans » une connotation péjorative : ainsi « balkanisation » désigne un processus de déstructuration politique. Les Guerres balkaniques du début du XXe siècle y ont aussi contribué. Tout cela a conduit à utiliser le terme plus neutre d'« Europe du Sud-Est ». C-est ainsi que le journal en ligne Balkan Times s'est lui-même renommé Southeast European Times en 2003.
Pays des Balkans
Dans leur définition communément admise, les Balkans englobent :
En totalité
Une partie du territoire
Langue
Les langues parlées dans les Balkans sont :
- le bosnien, croate, serbe et monténégrin (il y a intercompréhension entre les locuteurs de toute ces langues qui étaient regroupés précédement sous la dénomination serbo-croate), par 27 millions de locuteurs, en Bosnie-Herzégovine, Croatie, Serbie, Monténégro, mais aussi en Slovénie, Macédoine et Kosovo.
- le Grec est parlé par 10 millions de locuteurs (en Grèce).
- le bulgare est parlé par 9 millions de personnes (en Bulgarie).
- l'albanais par 4 millions de personnes en Albanie, Kosovo, Macédoine, Monténégro et Grèce.
- le macédonien par 2 millions de personnes en Macédoine.
- le slovène par 2 millions de locuteurs en Slovénie.
- le turc est parlé dans la région de la Thrace (Turquie, Grèce, Bulgarie), en Macédoine, en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo. 150 000 personnes parlent le turc en Grèce et 750 000 en Bulgarie.
Définition culturelle
Le terme « Balkans » fait avant tout référence à une aire culturelle, c'est-à-dire un ensemble composé de groupes et de langues différents, mais qui partagent néanmoins un certain nombre de traits culturels communs, héritage d'un passé commun. L'historien roumain Papacostea a établi six couches du millefeuille historique balkanique qui peuvent expliquer ce qui fait aujourd'hui de cette région, une aire culturelle à part entière, et qui, selon ses termes, définissent l'Homo balcanicus; les historiens modernes tels le Roumain Neagu Djuvara, y ajoutent une septième :
- l'influence du substrat thraco-illyrien et hellène, qui commence lors des premières migrations indo-européennes, 2000 ans avant J.-C., et agit jusqu'aux premières constructions étatiques de la région (décrites dans l'Iliade neuf siècles avant J.-C. mais sont probablement plus anciennes);
- le fédéralisme macédonien et la civilisation hellénistique, du règne de Philippe Ier de Macédoine, cinq siècles avant J.-C. jusqu'à la prise de la Grèce par Rome ;
- la romanisation, qui a contribué à l'unification balkanique à travers la construction de routes et l'armée, et s'est poursuivie par une synthèse culturelle dans le bassin du bas-Danube. Celle-ci se diffuse par l'intermédiaire des Thraco-romains et de leurs descendants les "Valaques" (Aroumains et Roumains), populations pastorales qui survivent sur les piémonts, tandis que dans les plaines s'installent les Slaves ;
- Byzance ;
- les Slaves (première migration slave à la fin du IIIe siècle, l'empire bulgare du VIIe au XVe et l'empire serbe au XIVe) ;
- l'islam ottoman, de 1453 au traité de Lausanne (1923) ;
- les séquelles de la guerre froide (communisme imposé en Yougoslavie, Albanie, Bulgarie et Roumanie, et dictatures militaires imposées en Grèce et en Turquie).
Voir aussi
Liens connexes
Liens externes
Bibliographie
- Georges Castellan, Histoire des Balkans : XIVe-XXe siècle, Fayard, Paris, 1999.
- Barbara Jelavich, History of the Balkans, Cambridge University Press, 1983
- Ernest Weibel, Histoire et géopolitique des Balkans de 1800 à nos jours, Ellipses, Paris, 2002
- Dimitri Kitsikis, La montée du national-bolchevisme dans les Balkans. Le retour à la Serbie de 1830, Avatar, Paris, 2008
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